Quarantink – Jour 10 « Distance » [Instagram @quarantinkproject]

Contribution pour la rédaction de Journalistes Solidaires

Alors que l’OMS répète que le coronavirus n’est pas « volatile », une récente étude prouve que le Covid-19 peut encore être présent dans l’air 3 heures après sa pulvérisation. Les deux affirmations sont à priori contradictoires. Tout dépend du sens du mot « volatile ».

Le 6 mars, le directeur général de l’OMS affirmait sur son compte Twitter que le Covid-19 « n’est pas volatile en réalité. » Assertion reprise dans un tweet de l’OMS le 28 mars. Le 17 mars, un article scientifique déterminant le temps qu’il faut au virus pour disparaître d’une surface ou dans l’air paraît dans le « New England Journal of Medecine » (NEJM). Les auteurs y affirment : « Le SARS-CoV-2 est resté vivant dans l’aérosol pendant la durée de notre expérience (3 heures). »

Ce qui, à première vue, paraît être une contradiction entre l’OMS et l’étude du NEJM doit être éclaircie. L’étude a bien prouvé que le virus restait dans l’aérosol pulvérisé lors de l’expérience, en revanche il n’est pas indiqué que le virus peut « flotter dans l’air » pendant une période prolongée. Par ailleurs, les chercheurs ont observé que la moitié des virus Covid-19 n’était plus contagieuse après une heure et quart dans l’aérosol de l’expérience.

Le virus est « volatile » sur une très courte distance

Interrogé par le site américain FactCheck.org, un des auteurs de l’étude, Dylan Morris, chercheur à l’université de Princeton, a clarifié la situation : « plusieurs virus sont ‘volatiles’ – de la rougeole à la grippe, en passant par le SARS-Covid-2 – dans le sens où, une façon de tomber malade est d’inhaler les particules du virus (‘virions’) d’un éternuement ou d’une toux qui se trouvent dans l’air« , explique-t-il, « le nœud du problème est que bien souvent, quand les gens disent ‘volatile’,  ils veulent dire qu’il y a un risque d’y avoir des particules flottant dans l’air – ou se lèvent depuis le sol – bien longtemps après qu’une personne infectée les a éternuées. »

C’est sur ce point que l’OMS et Dylan Morris étude se rejoignent : Il n’y aucune preuve aujourd’hui pour affirmer que le virus peut contaminer par simple inhalation aérienne. Le Covid-19 est transporté dans l’air sur une petite distance par les gouttelettes de toux ou d’éternuement.

L’humidité et l’intensité de flux aériens jouent aussi un rôle

La question de la volatilité du virus n’est pas si simple comme le souligne le magazine américain des sciences et technologies Wired : Une expérience menée en laboratoire ne prend pas en compte les facteurs comme l’humidité de l’air ou bien la force des flux, “lorsqu’on va près de l’océan par un temps venteux, par exemple, on sent les embruns de la mer sur le visage, on reçoit des gouttelettes d’une taille que l’on pourrait décrire comme “non volatile” dans les annonces de santé publique.” Par ailleurs, Wired relève que la définition de “volatilité” n’est pas la même d’un travail scientifique à un autre.

La recherche sur les voies de transmission du virus n’est qu’à ses débuts. Ce qu’il faut retenir pour le moment, le Centre chinois du contrôle et de prévention des maladies le résume en deux phrases : « les gouttelettes expirées et le contact proche sont les voies de transmissions principales. Une transmission par aérosol est possible dans un environnement clos, par longue exposition et de grandes concentrations [de virus] dans un aérosol. »

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